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Quelque chose de mélancolique

Il y a 40 ans, Gabriele Basilico réalisait cette photo au Touquet.


Au croisement du boulevard du Dr Jules Pouget et de la rue Dorothée.

Gabriele Basilico

Il la réalisa dans le cadre de la Mission DATAR.


Un projet gouvernemental qui confia à des photographes le soin de documenter les transformations du paysage français.


Gabriele Basilico a choisi les bords de mer.


Et ses bords de mer ne sont pas neutres.


Ses choix de composition et de cadrage traduisent sa façon de voir la ville et ses influences.


Mais aussi une certaine forme de mélancolie.


C'est le sujet du jour.

Dans le mail aujourd'hui :

  • Composition et cadrage

  • De la frontière belge au Mont-Saint-Michel

  • Comment Gabriele Basilico voit la ville

  • Ses influences photographiques

  • Quelque chose de métaphysique

Composition et cadrage

Revenons à notre image.

Gabriele Basilico

Le photographe s'est placé face à la rue Dorothée, dans l’axe exact, coupant la scène en deux parties égales.


À gauche, une maison ancienne à l’architecture bourgeoise, avec ses ornements et ses noms gravés sur la façade.


À droite, un immeuble moderne aux balcons identiques, créant un motif répétitif et graphique, presque abstrait.


Le cadrage est millimétré.
La verticalité est parfaite.
Tout est droit.


Cette rigueur donne une impression d’ordre et de maîtrise.


L’approche de Gabriele est méthodique, presque carrée, rendue nécessaire par l’utilisation d’une chambre grand format.


On sent une réelle sensibilité pour la structure, un goût pour les volumes et l’organisation de l’espace.


Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que Gabriele est à la base architecte, diplômé de l’École polytechnique de Milan en 1973.


Mais derrière cette rigueur formelle, je perçois autre chose.


Les rues sont vides, les volets fermés, le ciel menaçant, la lumière contrastée, presque dramatique.


Je ressens une certaine forme de mélancolie.

Diagnostic express :


Prenez 20 minutes pour discuter avec moi, Antoine.


Un regard extérieur sur votre travail, ça ne peut pas faire de mal.


À la fin de notre échange, je vous dirai si je peux vous aider dans le cadre d'un accompagnement. Et comment.


Dans tous les cas, vous repartirez sans doute avec une ou deux pistes pour avancer.

réserver un créneau

De la frontière belge au Mont-Saint-Michel

En 1984, onze ans après son diplôme d’architecte, Basilico participe à la Mission DATAR.


Son itinéraire couvre près de 400 kilomètres, de la frontière belge au Mont-Saint-Michel.


Il photographie des stations balnéaires hors saison, des quais déserts, des ports industriels.

Gabriele Basilico

Comment Gabriele Basilico voit la ville

Bien sûr, il y a une dimension documentaire.


Basilico voit la ville comme un organisme vivant, en constante transformation.


Pour lui, elle est le résultat de l’histoire et de l’économie. Un empilement de couches successives, de constructions et de mutations.


Mais sa vision est aussi sensible.


Rigoureuse dans la composition, elle est traversée par une mélancolie qui invite à réfléchir à la présence, puis à l’abandon, des lieux par l’homme.

Gabriele Basilico

Les influences photographiques de Gabriele Basilico

Ses images évoquent la nouvelle objectivité allemande, avec des photographes comme Bernd et Hilla Becher ou August Sander.


Son style documentaire rigoureux et son regard ouvert et démocratique, rappellent aussi Walker Evans, que Gabriele considérait comme un maître.

Gabriele Basilico

Quelque chose de métaphysique

On trouve enfin dans son travail une dimension métaphysique qui peut rappeler la peinture de Giorgio De Chirico ou les paysages urbains de Mario Sironi, deux peintres qu’il admirait.


Pour Basilico, les lieux sont vus comme des « abstractions métaphysiques de vides et de solitudes. »


Son noir et blanc a une dimension expressionniste, parfois presque fantastique.

Gabriele Basilico

Le projet aboutit en 1990 au livre Bord de mer, publié par Art & Udine.


Un ouvrage devenu une référence, plusieurs fois réédité (voir ici les différentes éditions).

Gabriele Basilico

‭✝ Gabriele Basilico est mort le mercredi 13 février 2013, à l'âge de 68 ans, des suites d'un cancer des poumons.


Reste une question.


À quoi ressemble aujourd'hui le croisement du boulevard du Dr Jules Pouget et de la rue Dorothée au Touquet ?


La réponse se trouve sur Google Street View.

Google Street View

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Antoine Zabajewski

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