Le photographe s'est placé face à la rue Dorothée, dans l’axe exact, coupant la scène en deux parties égales.
À gauche, une maison ancienne à l’architecture bourgeoise, avec ses ornements et ses noms gravés sur la façade.
À droite, un immeuble moderne aux balcons identiques, créant un motif répétitif et graphique, presque abstrait.
Le cadrage est millimétré. La verticalité est parfaite. Tout est droit.
Cette rigueur donne une impression d’ordre et de maîtrise.
L’approche de Gabriele est méthodique, presque carrée, rendue nécessaire par l’utilisation d’une chambre grand format.
On sent une réelle sensibilité pour la structure, un goût pour les volumes et l’organisation de l’espace.
Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que Gabriele est à la base architecte, diplômé de l’École polytechnique de Milan en 1973.
Mais derrière cette rigueur formelle, je perçois autre chose.
Les rues sont vides, les volets fermés, le ciel menaçant, la lumière contrastée, presque dramatique.
Je ressens une certaine forme de mélancolie.
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